Vous paniquez quand un proche s’éloigne ? Vous vérifiez sans cesse qu’on ne vous a pas « oubliée » ?
Bienvenu dans la trauma d’abandon
Ces réactions peuvent trouver leur source dans une petite violence éducative ordinaire de votre enfance – une phrase, une attitude ou une négligence en apparence anodine, mais qui a gravé en vous la peur d’être abandonnée. En tant que thérapeute IFS (Internal Family Systems), je vois chaque jour comment ces micro-traumatismes façonnent nos relations, nos choix et même notre santé. La bonne nouvelle ? L’IFS offre une voie de guérison en accueillant les parts blessées de votre enfance.
Dans cet article, je vous explique :
✅ Quelles situations du quotidien créent un trauma d’abandon (même sans maltraitance grave).
✅ Comment ce trauma se manifeste à l’âge adulte (anxiété, dépendance affective, somatisations…).
✅ Un exemple concret de guérison avec l’IFS (cas réel anonymisé).
✅ Des outils pour commencer à vous libérer dès aujourd’hui.
1. Les Petites Violences Ordinaires à l’Origine du Trauma d’Abandon
Des phrases et attitudes en apparence banales… mais dévastatrices
Les petites violences ordinaires (ou violences éducatives ordinaires – VEO) sont des actes, paroles ou négligences répétés qui, sans être intentionnellement cruels, minent la sécurité affective dès l’enfance.
Exemples courants liés à l’abandon :
- « Arrête de pleurer, sinon je te laisse là ! » → « Si j’exprime mes besoins, je serai rejeté(e). »
- Laisser un bébé pleurer « pour qu’il apprenne » sans réconfort → « Mes détresses ne seront jamais entendues. »
- Ignorer les appels d’un enfant (Rester sur son smartphone alors que votre enfant vous parle ou veut vous montrer quelque chose) → « Je ne mérite pas l’attention. »
- Partir sans dire au revoir (ex. : à la crèche) → « Les gens disparaissent sans prévenir. »
- « Arrête de me coller comme ça ! » → « Mon besoin de contact est une faute. »
Pourquoi est-ce si nocif ?
Le cerveau d’un enfant n’a pas encore atteint la maturité nécessaire pour relativiser. Quand un parent ignore ses pleurs ou le menace de partir, l’enfant vit cela comme une menace existentielle et il se dit :
- « Si maman/papa me quitte, je ne survivrai pas. » (Dépendance vitale à l’adulte).
- « Mes émotions sont dangereuses. » (Il associe besoin d’amour = risque de rejet).
→ Résultat : Une part exilée (blessée) reste bloquée dans cette peur, et des parts protectrices (comportements d’évitement, contrôle ou soumission) se développent pour éviter de revivre cette souffrance.
2. Comment le Trauma d’Abandon se Manifeste à l’Âge Adulte
Si vous avez vécu ces situations, vous reconnaîtrez peut-être ces symptômes :
Sur le plan émotionnel et relationnel
- Peur panique de la séparation : Crises d’angoisse quand votre partenaire part en voyage, même pour 24h.
- Besoins constants de réassurance : Messages répétés (« Est-ce que tu m’aimes encore ? »), vérifications (« Tu es sûr que tu rentres ce soir ? »).
- Jalousie ou possessivité : Peur irrationnelle que votre proche vous « remplace ».
- Difficulté à être seul(e) : Incapacité à profiter d’un moment de solitude, sensation de vide à l’intérieur.
- Attachement anxieux : Alternance entre collage et rejet dans les relations.
Sur le plan physique
- Somatisations : Maux de ventre, oppression thoracique, insomnies avant les séparations.
- Réactions disproportionnées : Pleurs incontrôlables après un simple retard, colère quand on vous « oublie ».
Dans les comportements
- Évitement des relations : « Mieux vaut ne pas s’attacher pour ne pas souffrir. »
- Sabotage des liens : Provoquer des conflits pour « tester » l’autre ( pour voir si « Et si je parte, tu me retiens ? »).
- Hyper-adaptation : Faire passer les besoins des autres avant les siens par peur du rejet.
→ Ces réactions ne sont pas « exagérées » : Elles sont la mémoire traumatique d’un enfant qui a appris que l’amour était conditionnel.
3. Exemple Concret : Marie et la Peur des Voyages de Son Mari (Guérison par l’IFS)
Le symptôme
Marie, 35 ans, fait des crises d’angoisse chaque fois que son mari part en déplacement professionnel. Elle a mal à la gorge, pleure sans raison, et envoie des dizaines de messages pour « vérifier » qu’il va bien. « Je sais que c’est irrationnel, mais je ne peux pas m’en empêcher », confie-t-elle.
La découverte de la part exilée
En séance, Marie ferme les yeux et explore ce qu’il se passe dans son corps. elle identifie :
- Une sensation d’étouffement dans sa gorge quand son mari prépare sa valise.
- Une part d’elle qui hurle : « Il ne reviendra pas ! »
Je suis là près d’elle et l’encourage a rester avec ces sensations désabréables et d’accueillir cette part en détresse.
Soudain, une mémoire s’impose à elle. elle visualise une scène à 4 ans :
Elle pleure dans son lit après un cauchemar. Ses parents, épuisés, lui disent : « Arrête de pleurer maintenant. ça suffit ! on va te laisse toute seule dans le noir si tu continues ! » et sortent en claquant la porte. Elle hurle pendant des heures, persuadée qu’ils ne reviendront jamais.
→ Sa part exilée a enregistré le message : « Exprimer mes besoins = risque d’abandon. »
Le travail thérapeutique IFS : comment se passe la séance en 4 étapes résumées.
1.Accueil de la part :
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- Je propose à Marie d’accueillir cette petite fille inconditionnellement en lui demandant ce qu’elle serait pour rassurer et consoller cette petite.
- Elle me répond : » je la prends dans mes bras et je la consolle. »
- Pendant ce temps, je lui parle pour la guider et faire entendre à sa part blessée qui s’est présentée. Tu sais tes parents ont fait de leur mieux. Ils savaient pas combien c’était traumatissant de te laisser pleurer toute seule. Aujourd’hui, on sait et la grande Marie est là pour toi. Elle est la plus qualifiée pour prendre soin de toi. Elle sait combien tu as été en détresse. Si tes parents ne s’occupent plus de toi, tu as cru à juste titre que tu allais mourir. A présente, cela ne se produira plus. La grande Marie est là pour s’occuper de toi.
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- La part répond : « Ils m’ont laissée. Je croyais qu’ils ne reviendraient jamais. »
2.Libération du fardeau :
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- J’accompagne Marie pour qu’elle se connecte au Self (son centre de l’être) par un exercice très concret et dit : « Ce n’était pas de ta faute. Tes parents étaient fatigués, mais ils t’aimaient. Aujourd’hui, tu n’es plus seule. La grande Marie suis là pour toi. Est-ce que tu la vois ou est-ce que tu sens sa présence ?
- Visualisation : Marie imagine prendre l’enfant dans ses bras et la petite marie lui confirme sa présence. Nous validons que la confiance est bien là entre la petie et la grande Marie.
3.Transformation de la croyance :
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- Ancienne croyance : « Si j’exprime mes besoins, je serai abandonnée. »
- Nouvelle croyance : « Mes besoins sont légitimes. Je peux les exprimer sans risque. »
4.Intégration :
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- La semaine suivante, son mari part 2 jours. Marie ressent une légère anxiété, mais utilise une technique IFS :
- Elle pose une main sur sa gorge, respire, et dit : « Je suis là. Tout va bien. »
- Résultat : Pas de crise de pleurs. Un seul message envoyé à son mari (sans exigence de réponse immédiate).
→ Marie peut désormais supporter les absences sans angoisse majeure. Sa part exilée, libérée de son fardeau, ne déclenche plus de réaction de panique.
4. Premier Petits Pas avec l’IFS à Faire Seul(e) pour Guérir de Votre Trauma d’Abandon
Étape 1 : Repérer vos parts activées
Quand une peur de l’abandon surgit, demandez-vous :
- « Où est-ce que je sens cette peur dans mon corps ? » (ex. : gorge serrée, ventre noué).
- « Quel âge a cette part ? » (Souvent entre 0 et 7 ans).
Étape 2 : Dialoguer avec votre part exilée
- « Qu’as-tu besoin d’entendre pour te sentir en sécurité ? »
- « Qu’aurais-tu voulu que tes parents fassent ce jour-là ? »
Exemple :
« Je sens une douleur ici (plexus solaire). C’est une petite fille de 5 ans, assise dans un coin. Elle dit : ‘Personne ne m’écoute jamais.’ Je lui réponds : ‘Je t’écoute maintenant. Je suis là pour toi.’ »
Étape 3 : Offrir ce qui a manqué
- Réconfort : Imaginer votre soi adulte (Self) réconfortant l’enfant intérieur (ex. : le prendre dans ses bras).
- Réparation symbolique : Écrire une lettre à votre enfant intérieur, ou créer un rituel (ex. : allumer une bougie en son honneur).
Étape 4 : Travailler avec les parts protectrices
Vos parts protectrices (ex. : contrôle, évitement) ont essayé de protéger la part blessée (exilée). Accueillez- les et remerciez-les, vous pouvez aussi reconnaître leur rôle de protection qui a été si précieux pendant tout ce temps.
5. Quand Consulter un·e Thérapeute IFS ?
L’IFS est une thérapie puissante pour guérir les traumas d’abandon, mais certains cas nécessitent un accompagnement professionnel :
- Si vous revivez des scènes du passé de manière intrusive (flashbacks).
- Si vos réactions émotionnelles vous submergent (crises de panique, dépression).
- Si vous reproduisez ces schémas avec vos propres enfants (et souhaitez briser la chaîne).
En tant que thérapeute IFS, je vous accompagne pour :
✔ Identifier vos parts exilées (blessures d’enfance).
✔ Libérer les fardeaux (croyances limitantes comme « Je ne mérite pas d’être aimé(e) »).
✔ Rétablir un sentiment de sécurité intérieure.
👉 Prendre rendez-vous pour une séance découverte.
6. Ressources pour Aller Plus Loin
- Livre : « Pour une enfance heureuse » (Catherine Gueguen) – sur l’impact des VEO.
- Astuce : Journaling IFS – Noter vos parts activées et leurs messages dans un carnet.
7. Conclusion : Vous N’Êtes Pas Condamné·e à Revivre Ce Passé
Les petites violences ordinaires laissent des traces, mais votre cerveau est capable de guérison. L’IFS vous permet de :
- Comprendre d’où vient votre peur de l’abandon.
- Accueillir l’enfant blessé en vous avec compassion.
- Transformer vos relations et votre rapport à vous-même.
Et vous, quelle part de vous a besoin d’être entendue aujourd’hui ?
💬 Partagez en commentaire une situation qui vous a marqué·e, ou posez-moi vos questions sur l’IFS.
📩 Besoin d’un accompagnement personnalisé ? Contactez-moi pour une séance en ligne ou en cabinet à Morges, Vaud.
Gersende Gollier
Thérapeute IFS – Spécialiste des traumas de l’enfance
www.gersende-gollier.com
« Guérir vos blessures pour vivre pleinement. »

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