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Accompagnement parental – Morges

La fessée est interdite en France depuis 2019. C’est une loi qui le dit : la loi n° 2019-721 du 10 juillet 2019. Elle porte aussi le nom candide, presque drôle, de « loi anti-fessée ». En réalité, cette loi va bien au-delà de la fessée. Elle affirme que :

« L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques. »

Pourtant, les violences éducatives ordinaires n’ont pas disparu pour autant.

Le dernier baromètre de la Fondation pour l’Enfance montre que 83 % des parents déclarent avoir eu recours à des violences verbales ou psychologiques au cours des douze derniers mois, 37 % à des violences physiques, et plus d’un tiers considèrent encore la fessée comme acceptable à des fins éducatives.

Faut-il en conclure que les parents aiment moins leurs enfants qu’avant ?

Bien sûr que non.

La plupart des parents aiment profondément leurs enfants et souhaitent leur offrir le meilleur.

Alors pourquoi ces pratiques persistent-elles ?

Parce qu’interdire ne suffit pas.

Parce qu’on a beaucoup dit aux parents ce qu’il ne fallait plus faire, sans jamais leur expliquer pourquoi.

Pourquoi une fessée est-elle problématique ?

Pourquoi certaines phrases, pourtant prononcées sans mauvaise intention, peuvent-elles affecter un enfant et laisser des traces durables dans son cœur, dans son cerveau, dans son corps ?

Pourquoi un enfant peut-il être profondément affecté par quelque chose qui semble anodin à un adulte ?

Pour comprendre cela, il faut entrer dans le monde de l’enfant.

Un enfant ne pense pas comme un adulte. Son cerveau est en construction et sa capacité à prendre du recul, à comprendre les intentions de l’autre, à relativiser ce qu’il vit est encore immature.

Lorsqu’un parent dit :

« Arrête de pleurer ! »

« Ce n’est rien. »

« Vas dans ta chambre ! »

« Tu es insupportable aujourd’hui. »

L’adulte pense souvent corriger un comportement.

L’enfant, lui, selon son âge et son vécu, peut comprendre tout autre chose et entendre :

« Mes émotions dérangent. »

« Ce que je ressens n’est pas important. »

« Quand je vais mal, je suis seul-e. »

« Je suis un problème. »

Biensûr, une phrase prononcée un jour sous le coup de la fatigue ne suffit généralement pas à créer une blessure. C’est la répétition de certains messages qui finit par laisser une trace.

Alors, l’enfant s’adapte en silence parce qu’il a besoin de préserver le lien avec ses parents et les « adultes référents » dont il dépend.

Il apprend à cacher ses émotions.

À faire plaisir.

À devenir fort.

À ne pas déranger.

À se débrouiller seul-e.

Ces adaptations sont souvent intelligentes. Elles lui permettent de grandir dans son environnement.

Mais elles peuvent aussi devenir, des années plus tard, les racines invisibles de certaines difficultés :

la peur du rejet,

le besoin de perfection,

la difficulté à poser des limites,

le sentiment d’infériorité et de mésestime de soi

la honte,

la culpabilité,

la difficulté à reconnaître ses besoins.

C’est pour cette raison que j’ai décidé d’écrire cette série d’articles.

Au cours des prochaines semaines, je vous inviterai à explorer dix violences éducatives ordinaires particulièrement répandues.

Certaines prennent la forme de gestes. D’autres sont des phrases que nous avons presque tous entendues ou prononcées un jour.

Nous verrons ensemble ce qui se passe dans le cerveau et le cœur de l’enfant lorsqu’il les reçoit.

Nous explorerons les adaptations qu’elles peuvent susciter.

Et nous observerons comment ces mécanismes peuvent parfois nous accompagner jusque dans notre vie d’adulte.

Si vous êtes parent, j’espère que certaines des situations évoquées dans cette série vous feront réagir et que vous partagerez vos réflexions en commentaire.

Car mon intention ici n’est pas de culpabiliser les parents.

Mes propres parents ont fait de leur mieux. Les vôtres aussi, probablement. Mais nous transmettons souvent ce que nous avons nous-mêmes reçu, sans toujours nous en rendre compte.

 

Ici, comprendre les violences éducatives ordinaires, c’est une invitation à devenir un parent plus conscient.

Vous l’avez compris : ici, nous allons jeter un sort au parent parfait !

Le parcours sans faute dans l’éducation d’un enfant n’existe pas et c’est tant mieux, car il serait totalement inintéressant.

Chercher à être un parent parfait, ou même excellent, est irréaliste et devient rapidement une source de pression inutile, pour vous comme pour votre enfant.

Et cela tombe bien car nos erreurs sont des aubaines, des opportunités uniques d’être un parent suffisamment bon.

Winnicott disait : « La mère suffisamment bonne n’est pas celle qui ne fait pas d’erreurs, mais celle qui s’adapte progressivement aux besoins de son enfant.» Et j’ajouterais : « et qui sait réparer l’erreur et le lien. »

La perfection n’a jamais construit un enfant.

En revanche, savoir être pleinement présent-e aux bons moments, être « assez bon » pour prendre soin du lien et le réparer quand il s’altère ou se rompt sont les 3 choses qui importent vraiment.

Cela demande d’être :

  • bien présent-e et suffisamment conscient-e de ce qui se joue dans la relation,
  • capable de se remettre en question,
  • curieux de ce que vit l’enfant,
  • responsable et sincère pour reconnaître ses erreurs et les réparer.

 

Ma proposition est là

Au fil de cette série, nous allons explorer ensemble ces blessures invisibles que certaines paroles, certains gestes ou certaines attitudes peuvent laisser dans le cœur d’un enfant.

Encore une fois, il ne s’agit pas de chercher des coupables, mais de mettre de la conscience là où il y avait de l’automatisme.

Car nous ne pouvons pas changer ce que nous avons reçu.

En revanche, nous pouvons choisir ce que nous transmettons.

Nous pouvons comprendre les adaptations que nous avons développées pour être aimés, acceptés ou protégés.

Nous pouvons prendre soin de l’enfant que nous avons été.

Et ainsi, nous pouvons offrir à nos enfants une relation toujours plus consciente, plus vivante et plus libre.

Parce qu’aucune blessure n’est une fatalité.

Parce qu’aucune histoire n’est écrite d’avance.

Et parce qu’il n’est jamais trop tard pour devenir pleinement soi.

 

Comment poursuivre ce chemin ?

Je vous accompagne à travers ces articles, lors de conférences et ateliers, en milieu scolaire, ou dans le cadre d’accompagnements individuels à l’Atelier 58 à Morges.